Yohji Yamamoto

Yohji Yamamoto

Le couturier

Né en octobre 1943 à Tokyo, le designer japonais grandit avec une génération encore désorientée et véritablement influencée par la Seconde Guerre mondiale.

À l’origine, Yohji Yamamoto voulait être peintre, mais sa mère le destinait avocat. Il a alors entrepris des études de droit avant de se dédier à son autre passion qui n’est autre que la haute couture. Le jeune homme forme avec sa mère un couple fusionnel. Elle possède un atelier de couture et son fils y portera une grande attention longtemps avant de suivre lui-même des cours de mode à l’école Bunka Gakuen de Tokyo. Il se servira des clientes de sa mère en les habillant afin de perfectionner son style.

Dans toutes ses collections, le noir et les nuances de gris priment, ce qui s’éloigne fortement des teintes éclatantes de l’époque. Le créateur se laisse aller à un côté rebelle et marginal qu’il développe depuis son enfance et en particulier depuis son passage au Bunka Fashion College. Alors formé aux codes de la couture en vogue dans l’Occident, il ne parvient à s’y intégrer réellement.

La maison

Yohji Yamamoto fonde sa maison éponyme à Tokyo en 1972  et ouvre sa propre boutique dans la même ville cinq ans plus tard.

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Il le revendique et l’assume, le couturier ne suit jamais les tendances et se veut avant-gardiste. En 1977, les professionnels de ce monde découvrent le premier défilé de la ligne Y’s de Yohji Yamamoto à Tokyo. Son style s’avère être révolutionnaire. La majorité de ses tenues est noire ou dans des couleurs sombres. Les formes sont amples inspirées des tenues masculines pour habiller la femme. La ligne Y’s pour hommes voit le jour en 1979 et son premier défilé parisien a lieu en mars 1981, en pleine naissance du japonisme dans la haute couture occidentale.

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Au début des années 90, la marque est présente aux quatre coin du monde : New York, Londres, Paris et Tokyo. En 1995, la marque lance sa nouvelle ligne Yohji Yamamoto + NOIR qui décline les classiques de la marque en noir.  Suivra ensuite son premier parfum, « Yohji », mis en vente en 1996.

defile-yohji-yamamoto-fprintemps-ete-2016La maison japonaise a connu des moments bien difficiles en 2009, et s’est retrouvée en cessation de paiement des suites de la crise mondiale. Ayant obtenu un soutien financier important, les différentes filiales Yohji Yamamoto ont pu continuer leur activité tant bien que mal, et la situation s’est aujourd’hui nettement améliorée.

Yohji Yamamoto ne se laisse pas influencer dans la vague médiatique entourant son travail. Très tôt, il n’hésite pas à critiquer ouvertement la surexposition de plusieurs créateurs, devenus à ses yeux des personnes médiatiques plus que des couturiers. La mode n’est pas un art, mais c’est bien en artiste-couturier-designer que Yohji Yamamoto se place à travers le vêtement ; son mépris lui vient incontestablement de sa parfaite connaissance et de sa passion pour ce dernier. Tenues usuelles, costumes anciens, uniformes sont ses grandes sources d’inspiration, et il parvient toujours, à en magnifier l’essentiel.

 

Tom Rigaud

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