Le retour de la parfumerie de niche

Le retour de la parfumerie de niche

Il est difficile de passer à côte de ce retour en force des parfumeurs de niche en se promenant dans un grand magasin. Le Labo, Penhaligon’s, ou encore Francis Kurkdjian ; tous désormais côtoient les plus grands noms ; mais s’agît-il d’une nouvelle concurrence ou d’une opportunité ?

Deux facteurs peuvent expliquer la croissance de ce marché : d’abord, la nécessité pour toute marque de concevoir un produit iconique. On pense à Chanel avec son « N°5 », ou à Dior avec le fameux « J’adore », des créations d’exception mise en avant par des campagnes de communication à la hauteur de la grandeur de ces maisons. Même si Chanel N°5 reste aujourd’hui le parfum le plus vendu au monde, la tendance à l’hyperpersonnalisation et à la différenciation a fait croître le besoin bien connu de posséder un parfum unique, comme une part de notre personnalité.

Et voilà le deuxième facteur qui rentre en compte pour comprendre le succès des ces parfumeurs de niche : elles vendent de l’unique, du rare et du « fait pour vous ». Car la parfumerie de niche c’est avant tout des matières premières de qualité, un univers de marque propre, des fragrances pensées pour les amoureux du parfum ; et des flacons à plus de 100€. Plus précisément, 148€ les 50ml chez le Labo, mais pour ce prix, le nom du client est inscrit sur le flacon. D’une certaine manière, ce principe d’ultra-exclusivité qui a toujours caractérisé les plus grandes maisons est aujourd’hui ce qui permet aux « petits parfumeurs » de faire la différence et de redonner les lettres de noblesses au métier de parfumeur.

Bien entendu, les stratégies de communication elles aussi diffèrent : d’un côté, les plus grands, et des publicités très travaillées, de l’autre, les « petits » qui se servent de leur discrétion pour justifier la qualité de leurs produits, et leur exclusivité. Mais si d’aucun pourrait penser qu’il y a là une rivalité naissante ; il n’en est rien. Les grands groupes ont comprit l’engouement autour de cette nouvelle façon de percevoir la parfumerie et comptent bien en tirer profit ; d’autant que la plupart des parfumeurs de niche ont d’abord fréquenté des géants comme L’Oréal. Le Labo a donc été racheté par le groupe Estée Lauder en 2014, tout comme Atelier Cologne qui rejoignait en 2016 le portefeuille de L’Oréal, ou encore Francis Kurkdjian, racheté par LVMH en début d’année. Reste à voir si la stratégie de ces parfumeurs de niche sera compatible avec celle des grands groupes.

Margaux Pierens

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2017-12-14T23:21:52+00:00